Vitaly Malkin
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En Californie, on décide pour vous que vous êtes une victime 

    Photo by Randy Laybourne on Unsplash

    Photo by Randy Laybourne on Unsplash

    Le politiquement correct est un poison lent pour tous les libres penseurs. Il mène presque toujours ceux qui s’en font les défenseurs à une logique de pensée victimaire dont les contradictions sont insolubles. Dernier exemple en date ? La Californie.

    J’ai toujours été révolté contre la bien-pensance, contre les conformismes qui interdisent la discussion avant même qu’elle n’ait commencé. Je suis sûr que vous aussi vous avez fait cette expérience-là : vous retrouver face à un interlocuteur qui, n’ayant pas pris la peine de vous écouter, vous dit : « Non mais attends, tu ne peux pas dire ça en 2021. » Il y a parfois des choses dures à dire, et trouver les mots justes n’est, il est vrai, pas toujours facile. Cependant, nous devons pouvoir les dire. Il nous faut vraiment faire cet effort d’expression.

    Or, récemment, en Californie, cette logique bien-pensante a dépassé des bornes qui m’ont vraiment surpris. En effet, comme le rappelle le journal américain Tablet dans un article récent, l’État de Californie a décrété l’entrée en vigueur du Ethnic Studies Model Curriculum (ESMC). Il s’agit d’un ensemble folklorique de propositions du gouvernement californien pour donner un cadre général à l’enseignement scolaire du Golden State. L’objectif revendiqué de ces recommandations est de « construire des ponts de compréhension mutuelle entre les peuples ». Noble perspective, me direz-vous ! Qui ne souscrirait pas immédiatement à un tel objectif ?

    La surenchère victimaire

    Le problème est que sous ces hautes aspirations se cache en réalité un discours impossible à tenir. En voulant défendre toutes les communautés et les minorités, le moralisme californien s’est heurté sur le cas limite des personnes juives, perçues à la fois comme appartenant à la majorité dominante et à la minorité dominée. Avec cela, un discours plus que problématique, confinant avec l’antisémitisme. Ce type de discours a pour fondement le fait que chaque groupe « persécuté » ou « minoritaire » puisse être reconnu comme tel par la société.

    Quelle a été la réaction de certaines associations juives ? Demander à ce que les juifs soient classés dans les « minorités opprimées ». Comme si appartenir à une minorité opprimée était une légion d’honneur ! Pour tout vous dire, je me moque de tout cela ! Que vous soyez juif, chrétien, noir, blanc, ça m’est égal ! Pour ma part, je suis contre tous les discours victimaires.

    Je suis aussi frappé par l’énergie mise par l’État californien dans cette mission éducative. N’y a-t-il pas plus important que ces questions ? D’un côté, on achète une bonne conscience morale en disant qu’on n’exclut personne, mais de l’autre côté, on laisse les écoles publiques dans un état déplorable. Ne serait-il pas mieux de mettre ces efforts au service d’une bonne éducation et d’aider les talents à se révéler ? Pour ma part, je pense qu’il serait plus utile de proposer une politique éducative véritablement méritocratique plutôt que de dépenser son énergie à construire une anti histoire officielle. Arrêtons de vouloir aider des « groupes de gens », aidons chacun à se réaliser personnellement ! 

    L’hypocrisie bien-pensante

    En effet, écrire une nouvelle histoire officielle me paraît fatalement destiné à créer les effets contraires que ceux qu’elle prétend produire. En clair, on dit d’un côté que les normes n’existent pas, et de l’autre, on dit que tout doit être reconnu comme la norme. Ainsi, toute spécificité, toute singularité doit devenir partie intégrante de la norme. Ce raisonnement vient, me semble-t-il, d’une compréhension bien particulière de l’école « déconstructiviste » qui a dominé le monde intellectuel, notamment français, dans les années 1980, avec Michel Foucault comme figure tutélaire. Puis, ce modèle intellectuel a traversé l’Atlantique pour se développer dans les universités américaines. Tel est le paradoxe, en voulant tout « déconstruire », on a en réalité construit une nouvelle catégorie : la catégorie de ceux qui sont en dehors de la construction.

    Moi, je dis surtout : en quoi est-ce à l’État de décrire ce qui est la norme dans vos vies privées ? Les individus sont avant tout des personnes, et pour cette raison, ils doivent pouvoir s’émanciper du groupe auquel ils appartiennent.

    Je le répète, en réalité, j’ai toujours trouvé ces polémiques très ennuyeuses. Je ne m’intéresse pas aux gens qui disent : « C’est ça, mon identité, je veux être reconnu comme cela. » Je dis à ces gens-là : ayez la force d’être vous-mêmes, tout simplement.

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