Vitaly Malkin
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Trois femmes en lutte pour la liberté

    A gauche, Ayaan Hirsi Ali, en haut à droite Zineb El Rhazoui et en bas à droite Ayn Rand

    Les femmes tiennent la colonne vertébrale de l’histoire. Leur rôle, si souvent occulté par le passé, est davantage visible aujourd’hui. J’aimerais contribuer à cette visibilité, en mettant en lumière trois femmes modernes que j’admire.

    Ceux qui me connaissent savent que je suis un grand philogyne, un ami des femmes. Depuis toujours je les ai admirées pour leur force, trop souvent cachée, mais d’autant plus impressionnante lorsqu’elle éclate au grand jour. Des années où je travaillais dans le secteur bancaire à mes activités philanthropiques actuelles, j’ai toujours préféré leur énergie et leur savoir-être à ceux des hommes. Enfant, je rêvais déjà des exploits accomplis par Jeanne d’Arc, cette paysanne qui redonna puissance et courage aux Français contre l’envahisseur anglais.

    Si les femmes sont si souvent minimisées dans leurs forces, c’est que les hommes les craignent, bien qu’ils ne l’avouent presque jamais. C’est ainsi qu’Hercule, le héros le plus guerrier et le plus viril des mythes grecs, se soumettait comme un petit garçon face à la dominatrice Omphale, sa femme, qui le laissait à faire son tricot. Nous sommes nombreux à nous croire des Hercules indépendants, là où nous savons que nous nous inclinons face à Omphale. Bref, les femmes ont toujours été puissantes, mais cette puissance a largement été masquée dans l’histoire par des hommes peureux et jaloux des attributs extérieurs de la puissance : telle est ma conviction profonde. Néanmoins, les choses changent, tout le monde peut le constater.

    C’est pourquoi j’aimerais mettre à l’honneur trois femmes puissantes de notre temps, qui sont pour moi source d’inspiration.

    Ayaan Hirsi Ali, l’émancipatrice

    Ayaan Hirsi Ali est une femme d’un courage exceptionnel. Née en Somalie dans les années 1960, elle a consacré sa vie à la lutte contre les mutilations génitales féminines, un combat qui m’est particulièrement cher depuis de nombreuses années et dans lequel je suis engagé. Le phénomène des mutilations génitales féminines est d’une grande complexité, et il est particulièrement difficile à combattre en raison de son caractère ancestral et traditionnel, notamment en Afrique de l’Ouest et dans la Corne de l’Afrique. S’y opposer, seule, en tant que femme, c’est engager le combat de Jacob contre l’ange. Exilée aux Pays-Bas, elle a largement contribué à interpeler l’opinion publique sur ce sujet mal connu des Occidentaux.

    De plus, elle est aujourd’hui une éveilleuse de conscience sur les dangers du politiquement correct et de la culture « woke » qu’elle dénonçait bien avant que ce mot ne soit populaire dans le langage politique. J’admire profondément son combat pour l’émancipation, car elle a le courage de s’opposer à la « tradition » lorsqu’elle est objectivement régressive.

    Zineb El Rhazoui, l’indomptable

    Zineb est pour moi l’exemple le plus manifeste de la femme libre, la walkyrie de notre temps. Journaliste à Charlie Hebdo, elle a échappé aux attentats de 2015.

    Aujourd’hui, elle porte haut le combat contre l’obscurantisme et l’islamisme. Or rien n’exaspère plus les islamistes que de voir qu’une femme arabe est émancipée, par ce qu’ils sont convaincus, dans leur mode de réflexion tribal, qu’il s’agit d’une « traitresse ».

    Le coût de cette liberté est très élevé. Harcelée en permanence sur les réseaux sociaux, Zineb vit sous protection policière. Son cas nous montre une chose claire que les Occidentaux ont oubliée : la lutte pour la liberté d’expression et pour l’émancipation contre les dogmes et les obscurantismes n’est pas une lutte acquise. C’est au contraire un combat permanent, qu’il faut continuer de mener.

    Mais aujourd’hui, les Zineb sont rares, et le pouvoir politique ne la soutient que très mollement. C’est pourquoi je me permets ici de lui témoigner personnellement mon admiration et mon soutien. !

    Ayn Rand, l’individualiste

    La dernière femme dont j’aimerais ici faire l’éloge est une philosophe.

    Ayn Rand est une femme d’origine russe dont le parcours montre la place singulière que peuvent occuper les femmes pour l’émancipation de l’individu.

    Née au début du XXe siècle, elle a refusé la vie corsetée qui s’offrait à elle en URSS, où l’expression d’une femme libre comme Ayn Rand n’avait pas sa place. Elle émigre alors aux États-Unis et propose une philosophie de l’égoïsme. Terme scandaleux me direz-vous ! Pas pour Ayn Rand, qui, justement, montre comment il peut exister un égoïsme rationnel, éthique, comment en plus cet égoïsme renvoie à la nature profonde de l’homme.

    De ce point de vue, pour moi, Ayn Rand est avant tout la femme qui dit non. Non aux dogmes, non à la dictature arbitraire de l’État sur la vie des citoyens. Elle montre comment nous sommes obsédés par des modèles de pensée et de vertus totalement abstraits, pour la plupart hérités des religions monothéistes.

    Ces trois femmes, parmi tant d’autres, m’inspirent. Elles me donnent aussi un horizon et un espoir. Cet espoir n’est autre que celui de voir les hommes accepter la puissance des femmes. Tous les esprits élevés sont utiles au progrès et à l’émancipation de l’humanité. Percevoir et reconnaître les femmes d’envergure me paraît plus que jamais un moyen autant qu’une fin vers cet horizon.

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